Film documentaire en co-réalisation avec ma soeur Alexandra Frémont
Autoproduction • 48 min • 2023 • montage Natalia Gómez-Carvajal

SYNOPSIS
Alexandra a demandé à sa sœur Agnès de la filmer dans un processus de deuil et de reconstruction après la mort d’un être né trop tôt pour survivre, sans trop savoir où cela allait les mener. Ce film aborde le deuil périnatal et les rituels nécessaires au cheminement vers une autre grossesse, une autre vie possible.
DÉSIR DE FILM
Alexandra : J’ai vécu une épreuve dans mon parcours de mère, je me suis sentie seule quand c’est arrivé, il m’a fallu trouver du soutien, des réponses toute seule, et j’ai découvert tout le tabou qu’il pouvait y avoir autour du deuil périnatal.
Juste après ce drame, j’ai ressenti le besoin de laisser une trace de la perte de ce bébé parti trop tôt. Il fallait que je trouve un moyen de le faire exister, de donner du sens à cette perte, au deuil qui n’avait pas existé pour les autres. Un deuil douloureux et invisible, innommable. Donner la mort plutôt que donner la vie n’est pas dans l’ordre des choses et mon cerveau avait du mal à intégrer ce non-sens.
Ma sœur étant réalisatrice de documentaire, il m’est apparu possible de créer quelque chose de concret (un film) pour parler de ce que l’on veut taire. Elle pouvait me filmer, donner du sens à toute cette histoire et elle pouvait le faire au plus près de moi. Nous pouvions avancer ensemble dans mon nouveau combat.
Des grossesses inachevées, ce sentiment d’être seule, dans la brume, dans le silence, le tabou car oui, il est encore très compliqué d’aborder la question du deuil périnatal avec ses proches, avec le monde médical également. Il n’existe pas de congés, ni de rituel si le bébé part trop tôt. Et pourtant, il faut avancer dans son processus de deuil pour continuer à vivre pour soi et pour les autres, pour l’enfant qui est déjà là et pour celui qui pourrait arriver…trouver la force encore et toujours pour recommencer encore et encore. Pouvoir mettre des mots et des images à ce qui n’a que peu existé, faire vivre à travers des images, un film, une œuvre, un bébé qui est mort, plusieurs embryons arrêtés dans leur croissance.
Voici mon parcours de femme, de mère pour atteindre un but, une envie puissante, celle de donner la vie à nouveau. Parcours semé d’embûches, d’espoirs, de doutes, de fatigue, de douleurs physiques, psychologiques, la nécessité de retourner là où nous avons perdu un bébé, un bébé mort trop tôt pour survivre.
DÉSIR DE FILM
Il s’agit d’un co-projet avec 2 rôles distincts le statut de chacune et ce que chacune apporte à la réalisation. Alexandra est celle qui souhaite faire un film avec un témoignage personnel, qui est personnage et vecteur de cette histoire. Agnès est celle qui filme de l’intérieur, qui est témoin des évènements. Agnès a accepté de se laisser porter par le projet de sa sœur et de se laisser guider par moments. Elle s’est laissée emporter par un monde qu’elle ne connaissait pas, la maternité et le désir de cette maternité, viscérale, pensée, consciente et inconsciente. Agnès a apporté son regard, sa manière de filmer et a apporté un cadre pour dire, nommer et accueillir la parole quand elle était nécessaire.
Faire un film c’est pouvoir mettre des mots et des images à ce qui n’a que peu existé, faire vivre à travers des images, un film, une œuvre, un bébé qui est mort, plusieurs embryons arrêtés dans leur croissance.
Retourner sur les traces de la perte, le film est aussi un processus de deuil, revoir les lieux où tout s’est produit, revoir les gens qui étaient présents. Affronter ce qui a fait mal, mettre en place des rituels qui permettent d’avancer et de passer à une autre étape de la vie, se lancer encore dans une autre aventure.
NOTE DE RÉALISATION
Agnès : C’est un film autour d’un personnage et de ses problématiques lié à ce désir d’enfant, ce parcours semé d’embûches. Je filme au plus près des relations intra-familiales, du quotidien et de l’extra-ordinaire, de l’événement en train de se passer. Je filme ma sœur, ma famille et ce qu’elle est en train de vivre. Il s’agit de cinéma-direct, au plus près des personnages qui vivent ces moments. Des images caméra épaule, caméra fixe lors des temps de paroles.
Ma sœur m’a parlé du projet dès 2013 et j’ai commencé à filmer autour des fausses-couches, sans connaître l’issue de l’histoire et sans savoir si le film allait aboutir selon les évènements. Les images ont été réalisées pendant 3 années de désir d’enfant, ponctuées par des fausses-couches. Ce sont les 3 années qui suivent le décès d’un bébé.
Entre l’écriture du projet et le montage final, il aura fallu 10 ans pour que le film voit le jour. Natalia Gómez-Carvajal, monteuse, a accepté de travailler sur les images. Grâce à son regard, elle nous a apporté son aide dans la construction du récit et nous a permis de finaliser le film.

DIFFUSION ET SÉLECTION FESTIVALS
Avant-première au cinéma Arvor Rennes le 2 mai 2023 • Projection au cinéma le Resteria de Retiers le 10 décembre 2023 • Sélection au festival du film d’action sociale de Nancy 2024 / compétition regard étudiants
A PROPOS DU FILM